






« On annonce avec un enthousiasme rare le dernier film de Stallone qui, avec son casting réunissant les figures emblématiques du film d’action, est censé être une vraie "tuerie", un retour aux sources jubilatoire d’un genre qui a connu ses heures de gloire dans les années 80 et 90. Hélas, l’enveloppe du produit, l’intention par trop affichée de Stallone semble avoir épuisé toute l’énergie consacrée au projet, au détriment du film lui-même qui s’avère navrant sur toute la ligne.
Parfois, dit-on, un casting peut sauver un film. Ici, en raison du cortège de stars de l’action movie qui ont bien voulu mettre un pied – un seul – dans ce projet, le casting a plutôt tendance à achever la médiocrité de l’œuvre. Pour certains, comme Schwarzenegger et Willis notamment sont bien là, la plupart pour deux ou trois plans, et autant de punchlines qui, si elles arrachent un sourire au spectateur bienveillant, n’ont absolument aucun intérêt et ne se justifient que par la nécessité supposée de leur présence. Pour les autres, ils ont tellement conscience d’incarner un certain genre de cinéma, qu’ils ne semblent pas vraiment concernés par la bêtise et la mocheté de la mise en scène, ni, d’ailleurs, par la pièce montée de clichés qu’est l’histoire.
The Expendables est simplement rasoir. Le ton, qui s’évertue avec une maladresse pitoyable à flirter avec la frontière de la blague et du second degré, détruit le film d’action pur et dur qu’il aurait pu être et qu’il aurait sans aucun doute mieux fait d’être. En recherchant un certain détachement spirituel sous la forme de l’autodérision et du film-hommage, Stallone est tout simplement passé à côté de son film : un film d’action, de gros bras un peu élémentaires qui font tout péter pour notre plus grande joie. »