






« Tamara Drewe (Gemma Arterton) est une sulfureuse journaliste people qui revient dans le petit village anglais où elle a séjourné durant son enfance. Loin des strass et des paillettes, la jeune femme qui a gommé grâce à la chirurgie esthétique son vilain défaut, à savoir son nez proéminents, va revoir les hommes qui ont marqué son passé. La jeune femme devra ainsi se sortir des situations les plus drôles et par la même occasion les plus folles. Entre son ancien amant qui retombe sous son charme, la rock star qui la rencontre lors d'une interview ou le cinquentenaire coureur de jupons, la jeune femme va très vite se rendre compte que sa beauté fatale n'est pas qu' un atout et que sa grande naïveté va lui jouer des tours.
A synospsis quelque peu banal à première vue, qualité de mise en scène extrêmement drôle et rythmée. Tamara Drewe est avant tout l'adaptation d'un roman graphique signé Posy Simmonds et culte en Angleterre. L'adaptation très réussie de Frears rend compte encore une fois du talent de caméléon qu'endosse le réalisateur qui ne se cantonne jamais dans un seul et même genre mais essaie sans cesse de se renouveler.
Humour satyrique et plein d'entrain sont à l'honneur dans ce film présenté hors compétition à Cannes et qui sait présenter un cinéma intelligent et subtil.
De plus, les acteurs ingénieux et drôles sont l'une des principales raisons du succès comique de ce film. Gemma Arterton dont le nom est souvent lié aux films à gros budgets (Le choc des titans, Prince of Persia, James Bond: Quantum of Solace) irradie complètement l'écran, de par sa beauté incendiaire tout d'abord mais également de part le jeu d'actrice excellent qu'elle propose, en endossant le rôle d'une femme hautaine, superficielle et en même temps complètement vulnérable. Des filles fans d'un batteur célèbre amoureux de Tamara, au couple de cinquentenaires qui tiennent une maison dediée aux écrivains à la recherche d'un endroit calme et paisible pour trouver l'inspiration, tous les personnages créent une atmosphère particulière et apportent leur patte. Tous sont souvent stéréotypés et en même très complexes. C'est sur ce jeu des oppositions entre beauté et laideur, estime de soi et dévalorisation, humour et drame que Frears crée son film avec toujours une grande lucidité, veillant à ne pas tomber dans le cliché. Un long-métrage dramatique qui se termine par un décès pathétique, voilà bien longtemps que l'on avait pas ri de la mort elle-même. Aucun tabou, aucune limite, c'est aussi ça le cinéma anglais et c'est pour cette raison qu'il est très fortement conseillé de voir Tamara Drewe, véritable joyaux, miroir d'une culture britannique complètement décalée et en même temps extrêmement touchante. »