






« Réalisateur thaï, Apichatpong Weerasethakul signe là un film mystérieux, fantastique, mais aux limites du comique et du risible par endroits. C'est certes parfois inspiré, mais souvent raté. Les dialogues sont naïfs et parfois même carrément ineptes, les personnages souvent crédules et le scénario faussement profond. C'est surtout quelques rires que provoque ce long-métrage, ce qui s'avère bien dommage, en particulier pour la Thaïlande qui bénéficiait à ce 63ème Festival de Cannes d'une formidable visibilité pour son cinéma. Un cinéma qui s'est d'ailleurs considérablement développé depuis quelques années. Mais il faudra aller au-delà du symbolisme primaire et des contes mystico-intellectuelles de Lung Boonmee Raluek Chat (Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures) pour gagner en public et en distribution en dehors de ses frontières.
Concernant à la réalisation, elle confine à l'insupportable: comme s'il suffisait de trouver des beaux décors dans la nature, de composer des heures son cadre, sa lumière et qu'une fois que tout est bien installé, planter là au milieu ces comédiens et les laisser jouer des choses minimales. Ou alors ne mettre personne dans le champ et laisser libre cours à la contemplation d'une nature qui se veut sublime et spirituelle, mais qui n'est en fait que anti-naturelle, hyper-construite et architecturale.
Quant au contenu et à la trame narrative, lorsqu'on déclare au réalisateur que son film manque de cohérence interne et qu'il n'a ni queue ni tête, celui-ci répond: « J'aime que mes films fonctionnent comme un flux de conscience passant d'un souvenir à un autre. Je crois qu'il est important de souligner cette idée de passage, car le film se base sur la réincarnation et sur les esprits errants ». Que dire? Sinon qu'on ne peut justifier avec un air aussi vague et approximatif qu'un travail pareillement flou et sans consistance. »