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Affiche Film Miral

Miral

Poster - Film Miral
Sorti le 15 Septembre 2010 · 1h52 · Drame
Réalisé par Julian Schnabel
Avec Willem Dafoe, Hiam Abbass, Alexander Siddig, Vanessa Redgrave et Ruba Blal.
« Jerusalem, 1948. Ado fugueuse, Nadia partage sa cellule avec Fatima, ancienne infirmière emprisonnée pour avoir posé une bombe dans un cinéma. Fatima présente Nadia à Jafal qui l'épousera à sa sortie de prison. Un enfant, Miral, naît de cette union. Après le suicide de Nadia, Jafal conduit la fillette, âgée de six ans, à l'institut Dar Al Tifel, pensionnat pour enfants palestiniens. A 17 ans, Miral se retrouve à l'heure des choix, partagée entre la défense de la cause de son peuple et l'idée, inculquée par Hind, que l'éducation est la seule solution. »

Critique par Thomas Rivera Montes – Cinema.ch

« L'artiste Julian Schnabel présente cette année en compétition à Venise, le film Miral, adaptation du roman éponyme de Jula Jebreal. Idée audacieuse, c'est Schnabel juif américain qui a décidé de présenter le conflit israëlo-palestinien à travers le regard de femmes palestiniennes dont les destins sont très clairement liés au déroulement de la guerre.
Si l'idée de l'adaptation d'un tel roman est un choix très judicieux, le résultat n'en est pas pour autant convaincant. Ainsi, le destin raconté de ses femmes est illégalement présenté, se fixant surtout sur celui de Miral (l'excellente Freida Pinto) et passant au travers de toutes les autres histoires, et notamment celui de Hind, fondatrice d'un pensionnat pour enfants très réputé, qui se veut comme un lieu d'échappatoire à la guerre et d'éducation. Si Hind pense que l'éducation est la seule vraie arme pour combattre la guerre, Miral choisit quant à elle de s'impliquer complètement dans la défense de son pays, allant jusqu'à intégrer un groupe de terroristes palestiniens. SI Schnabel réussit à présenter ces différentes visions de la situation palestinienne avec grande justesse, on sent pourtant qu'il ne connaît pas vraiment le destin de la Palestine, puisque moteur principal du film,il semble pour le moins flou et déconnecté de l'histoire de ces femmes alors qu'il y est en même temps toujours présent. C'est surtout sur cette impossibilité à rendre compte de l'état de guerre que provient la déception suscitée par le film. Ainsi, les histoires passées complètements au travers, hormis celle de Miral ne peuvent en aucun cas prétendre exprimer une atmosphère, une époque et des faits d'un conflit qui aujourd'hui existe depuis plus de 60 ans.

Si l'on se réserve à applaudir le scénario, on peut également l'être face à une hyper esthétisation, choix pour le moins étrange, pour un film qui se veut avant tout fixé sur le récit historique et sur la précision des informations proposées. C'est sur ce déséquilibre entre l'esthétique du film extrêmement, voire trop riche (Schnabel usant parfois de trop nombreux procédés différents) et le manque de dimension du récit qui mettent finalement le spectateur mal à l'aise. D'une histoire forte et d'une charge émotionnelle inouïe, le réalisateur n'en retire qu'une petite histoire désuète.
On se réserve tout de même de dire que l'oeuvre est totalement ratée tant le peu de choses qui nous sont proposées le sont faites avec subtilité et élégance, le tout sublimé par des acteurs incroyables. Lorsque l'on connaît le talent de Julian Schnabel et l'incroyable énergie que peut susciter un tel thème, on espérait simplement voir ici un chef-d-oeuvre et la déception étant grande, la note n'en est que plus basse pour un film qui est pourtant plutôt réussi et dans son ensemble justement raconté même si pas assez travaillé. »

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