« Parfois dans la vie il vaut mieux ne pas y aller par quatre chemins. Au cinéma, cette règle fonctionne surtout lorsque le film que l'on doit critiquer n'est ni une exaltation, ni une révolution. Lorsque le film se trouve être bien ennuyeux et terne, il vaut mieux y expliquer les raisons de son échec directement.
Pour trouver dans Le dernier maître de l'air les raisons de sa déception, il faut peut-être se tourner du côté du scénario. Car le spectateur aura l'impression tout au long de la projection, de survoler complètement le film. L'introduction tout d'abord, est presque oubliée, on nous embarque dans un monde complètement inconnu sans nous y présenter les règles, les lois ce qui nous empêche clairement aussi bien de croire dans ce monde que d'y comprendre le fonctionnement. Les films comme
Matrix ou récemment
Inception ont d'ailleurs compris qu'il fallait, pour attirer le spectateur et l'intéresser, quelque peu l'initier. Le dernier maître de l'air supprime toute cette dimension et laisse le spectateur sur la carreau dès le départ.
Mais l'impression de survol que l'on ressent suite à la projection n'est pas seulement dû au fait de ce rejet complet du spectateur mais également au fait même que le scénario tout entier est totalement désarticulé, manquant de rythme et de repères. On manque à savoir dans quelle partie du monde les héros se trouvent, comment ces hommes en sont arrivés là, bref tout un tas d'éléments et de détails qui rendent le récit cohérent.
Enfin les acteurs manquent vraiment de complexité dans les rôles qu'ils interprètent. Le méchant est donc très méchant et le gentil très gentil. Un manque évident de facettes, de failles qui nous permettraient encore une fois de ne pas être complètement relégués.
Ce qui sauve le film c'est peut-être son esthétique tout particulière inspirée du dessin animé d'origine de Nickelodeon. On sent que l'image a été extrêmement travaillée et présente ainsi une fin à couper le souffle en terme d'effets spéciaux.
Vous l'aurez compris, Le dernier maître de l'air n'est certainement ni le meilleur film de cet été, ni du mois ni j'imagine même de la semaine. Il n'en est pourtant pas moins un long-métrage divertissant qui oublie trop souvent qu'il s'adresse avant tout à un public.