






« Christopher Nolan sort l'espace de quelques instants de sa série très réussie des Batman (Batman Begins et Batman The Dark Knight) pour nous présenter Inception, long-métrage basé sur l'histoire d'un homme, Dom Cobb (Leonardo DiCaprio) qui travaille dans le milieu de l'espionnage en s'infiltrant dans l'esprit des gens. Le synopsis pourrait ici bien faire penser à une de ces superproductions hollywoodiennes et le fait est que c'est bien le cas. Pourtant Nolan amène à ce qui pourrait être un simple film grand public divertissant, une complexité et une ingéniosité qui étaient déjà les marques de fabrique de ses deux précédents films. Film torturé et poignant, il démontre surtout comment un fugitif traqué par les forces américaines va tout faire pour rentrer chez lui et revoir ses enfants. Loin des grands héros à la Bruce Willis, le film traite d'éléments d'un réalisme total à travers une histoire qui se veut justement complètement à l'opposé de cette réalité.
Tous les éléments du film s'imbriquent extrêmement bien en commençant par un scénario rarement aussi intéressant cette année. Les rapports entre rêves et réalité sont présentés d'une manière tout à fait complexe mais restent en même temps simples à comprendre et en cela s'adressent aussi bien à un public fan du genre qu'à des personnes qui voudront y trouver un simple moment de divertissement. Ainsi, le début incompréhensible laisse rapidement place à des explications logiques sur un monde complètement incohérent, un paradoxe qui surprend et qui nous envoûte.
Esthétiquement, le film est d'une réussite impressionnante et les spectateurs se souviendront particulièrement des rues de Paris retournées à 180° et des édifices qui s'effondrent un peu partout. Bref, Inception a tout d'un film à la 2012, le scénario en plus. D'ailleurs l'esthétique du film ne sert pas uniquement à en mettre plein la vue mais explique réellement plusieurs concepts du film. Ainsi, l'utilisation de ralentis dans les dernières minutes permet d'expliquer l'intégration de rêves à l'intérieur d'autres rêves et des changements temporels que cela implique.
Mené par des acteurs de grand génie, Leonardo DiCaprio étincelle dans un registre proche de ce que l'on avait pu voir dans Shutter Island. Homme torturé, manipulé par une Marion Cotillard hantée, l'homme dérive entre rêve et réalité, perdu et seul. Les acteurs secondaires ne sont pas en reste et sont dans leurs registres tout aussi convaincants.
La BO est enfin sombre tortueuse et rend tout à fait compte du mystère et de la noirceur du long-métrage, de ses personnages et de l'atmosphère qui règne.
C'est donc une oeuvre totalement réussie qui est ici présentée par Nolan. D'une imagination débordante et en même temps cohérente, le long-métrage labyrinthique est très certainement l'une des réussites critiques et populaires de cette année. Un film à la fois impressionnant et touchant, le film pose des questions et la fin laisse place à de nombreuses interprétations. On aime ce cinéma américain m'as-tu-vu qui a tout de même quelque-chose à raconter, une recherche esthétique à proposer et un public aussi bien large que connaisseur à toucher. »