






« L'année 2010 est décidément l'année de Tim Burton. Avec l'ouverture d'une exposition qui lui est adressée au MoMa de New York, son élection au titre de président du jury au Festival de Cannes et la sortie de son adaptation du célèbre conte de Lewis Carroll, le réalisateur est omniprésent. Voilà plusieurs mois que les fans de Burton attendaient son film qui a fait l'objet d'une grande promotion et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il valait la peine d'attendre.
Dans cette adaptation, le réalisateur d'Edward aux mains d'argent a décidé de prendre quelques libertés en présentant une Alice (Mia Wasikowska) âgée de 19 ans qui retourne au pays des merveilles, 9 ans après sa première visite. Ainsi, les personnages du monde des merveilles à savoir les fameux chat de Cheshire, le lapin blanc et le chapelier (Johnny Depp) entre autres, attendaient le retour de la jeune femme, qui selon une prophétie, se devrait de mettre un terme au règne de la célèbre Reine rouge (Helen Bohnam Carter) que cette dernière avait pris de sa soeur, la Reine blanche (Anne Hathaway).
Visuellement, le film est une pure réussite, entrant dans la longue série des films de Burton, esthétiquement époustouflants. Les éléments gothiques du réalisateur sont associés à un monde beaucoup plus enchanteur qui reste dans l'esprit de l'univers présenté par Carroll. L'utilisation de ces deux éléments se marient extrêmement bien et créent une atmosphère unique dans laquelle le spectateur est subitement plongé au même titre qu'Alice. A ces plans d'une qualité visuelle rare, s'accompagnent des acteurs tous aussi bons dans des jeux très différents. L'excellent Johnny Depp révélé par Burton dans des rôles toujours plus loufoques, se voit ici transformé en chapelier fou, à l'humeur changeante. La subtilité du jeu de l'acteur et les changements d'humeur du personnage, auxquels s'accompagnent des changements dans les expressions de son visage ainsi que son maquillage, le rendent touchant et complètement burlesque. Helen Bonham Carter et Anne Hathaway sont quant à elles, extrêmement douées dans la présentation de deux esprits diamétralement opposés et radicaux qui offrent néanmoins quelques failles, ce qui enrichit considérablement leur personnages. Enfin, l'australienne Mia Wasikowska joue une Alice pleine de doutes, tiraillée entre son appartenance au monde rationnel et son attachement à un univers insensé. Ce dernier élément est d'ailleurs la grande force du film qui est une réflexion sur la place que prennent le rationnel et l'imaginaire dans nos vies mais présente aussi, le passage difficile du monde de l'enfance (le pays des merveilles) vers celui des adultes (le monde « rationnel »), lié à l'incompréhension dont est victime cette jeune femme, qui ne se retrouve ni réellement dans l'un, ni réellement dans l'autre. Le réalisateur a donc repris avec justesse cet élément, qui reste le point fondamental de l'oeuvre littéraire. Malgré donc des divergences entre le récit du film et celui de l'oeuvre initiale, Tim Burton reste extrêmement attaché à l'univers présenté par Carroll, ce qui n'est pas pour nous déplaire.
Le seul point négatif résiderait peut-être dans les procédés 3D qui sont quelque peu décevants de par le rendu plat qui est donné à l'image et qui, à côté de films de type Up ou Avatar ne fait pas le poids. Il vaut donc peut-être mieux voir le film dans sa forme la plus traditionnelle, ce qui n'enlèvera rien à son côté enchanteur.
Alice au pays des merveilles et donc un vrai divertissement complètement fou et décalé auquel on ne peut résister, une explosion d'enchantement et de mystère dans un monde complètement insensé, à ne pas manquer ! »
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