






« Pour son premier film, le couturier et designer Tom Ford a choisi d'adapter un roman de l'écrivain Christopher Isherwood au cinéma, et cela lui réussit admirablement. Dressant le portrait d'un professeur d'université désespéré suite à la mort de son compagnon, « A Single Man » regorge de merveilles.
C'est tout d'abord l'esthétique de l'ex-directeur artistique de Gucci qu'il faut saluer. Rien n'échappe à son regard, toute image et son contenu sont finement travaillés. Le Beau règne en maître tout au long du film: une paire de chaussures, aussi bien qu'une tâche de sang et qu'un corps sans vie sont esthétisés. Sans cesse, nous oscillons entre obscurité et clarté et nous laissons surprendre par le jeu des couleurs. La passion que nourrit Tom Ford pour la mode est donc bien visible au cinéma, « A Single Man » est son tout dernier vêtement.
Mais le réalisateur en herbe ne se contente pas de travailler ses plans: en s'associant avec le talentueux Shigeru Umebayashi, compositeur de la bande originale du très profond « In The Mood For Love », il fait de son long-métrage une oeuvre complète. Des violoncelles jouent en boucle une courte mélodie que Tom Ford parsème à des moments clés de son récit. Ils expriment avec toute leur puissance le mal-être dont souffre le personnage principal.
Ce mal-être, Colin Firth s'en empare totalement. L'acteur britannique passe par toutes les émotions en l'espace d'une journée, à cheval entre le passé est le présent - sa performance lui vaut d'ailleurs une nomination aux Oscars bien méritée. Julianne Moore joue dans la même cour que lui, glamour à souhait, belle comme jamais.
« A Single Man » est un film qui assurera très certainement à Tom Ford un avenir dans le milieu du cinéma. Car le styliste s'est bel et bien créé son propre univers, pour notre plus grand régal... »