






« Oh que oui, il pourra ricaner dans son fauteuil celui qui veut voir 2012 de Roland Emmerich comme un gros film pop-corn sans subtilité. Et il aura raison. Toutefois, on se devra quand même de secouer un peu ce spectateur suffisant pour qu'il se rende compte du panache de quelques scènes, des effets spéciaux époustouflants en certains endroits. Et s'il nous répond avec prétention « Inepties, pourquoi devrait-on s'intéresser à ça ?», on pourra toujours lui répondre que depuis Méliès les effets spéciaux ont marqué, qu'il le veuille ou non, l'histoire du cinéma et qu'ils ne peuvent pas être balayés d'un revers de manche sous prétexte qu'ils ne donneraient lieu qu'à des divertissement d'ilotes. Certes lesdits SFX (special effects) ne sont pas toujours au service du cinéma, pas même parfois au service du scénario, mais il y a toujours d'autres exceptions. Que ferait un Tim Burton ou un Terry Gilliam sans effets spéciaux ? Que serait l'expressionnisme allemand ou le cinéma fantastique ? Le cinéma, au début de son histoire, n'a-t-il d'ailleurs pas côtoyé la magie dans les fêtes foraines ? L'illusion n'est-elle pas constitutive de l'un comme de l'autre ?
Malgré cette défense de l'illusion et des SFX (du mensonge, quoi!), on est tout de même forcé de dire qu'en sortant de 2012, la déconvenue est au rendez-vous. Une des scènes les plus stupéfiantes du film se trouve déjà sur la Toile en libre accès et le scénario est vraiment d'une pauvreté abyssale et d'une parfaite prévisibilité. Sont lancés, qui plus est, des grands coups de violon n'importe où, des scènes sentimentales tombent de nulle part, complètement incongrues et la crédibilité de certaines situations est fichue en l'air par des répliques crétinisantes et par la puérilité de certains dialogues. En bref, un manque total d'originalité, pas le soupçon d'une suggestion et un scénario aux confins du consensuel.
Non, force est de constater qu'en terme de fin du monde, on a fait largement mieux au cinéma. Et ce même sans forcément user d'effets spéciaux à tout bout champ. On peut citer à ce propos le récent et bien plus réussi Les Derniers jours du monde avec Mathieu Amalric. Pour ceux qui raffolent des SFX, il faudra plutôt attendre la sortie d'Avatar, le dernier-né de James Cameron, prévu en salles pour la fin de l'année. Peut-être y a-t-il là quelque chose à espérer de plus, si l'on en croit les rumeurs tout du moins. »
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