Après The Hangover, attention la nausée
« Si l’intention n’est pas complètement dénuée d’intérêt et l’humour pas systématiquement imbuvable, The Hangover reste un film d’une pauvreté remarquable. Pour tout effort scénaristique, John Lucas et Scott Moore ont eu l’idée, c’est une trouvaille, de débuter l’intrigue le lendemain de la fête, dans l’amnésie générale. La quête des protagonistes consiste dès lors à reconstruire leur folle soirée afin de retrouver le futur marié pour le ramener à temps à la cérémonie. L’astuce, bardée de situations les plus grotesques les unes que les autres, a au moins cela de bon qu’elle donne de l’eau au moulin à un réalisateur, Todd Phillips, qui a une maîtrise remarquable du rythme.
Pour le reste, The Hangover, “la gueule de bois” en français, est un film comique à l’humour lourdaud et puéril, qui fait la part belle à « l’esprit de défonce » à l’américaine avec son cortège de clichés sur ce qu’est la fête entre jeunes gens en mal de sensations immatures. Si on met à part la morale de l’histoire qui s’avère aussi plate et intéressante qu’une flaque (de vomi?), la question dramatique proposée par le scénario – que peut-il arriver à quatre fêtards livrés à la ville de tous les péchés? – n’est pourtant pas condamnée à produire un navet, quand on sait qu’un réalisateur comme Terry Gilliam (Las Vegas Parano) en a tiré une épopée incomparablement plus radicale et plus drôle que ce que nous propose Todd Phillips. »